Faits saillants du webinar " Le point sur les marches des RCR 2026 " : l’avantage du Canada en matière de ressources prend le devant de la scène dans un contexte de réorganisation de l’économie mondiale

28 mai 2026

Les Régimes collectifs de retraite de la Sun Life ont tenu leur webinaire annuel Le point sur les marchés. L’événement a réuni des spécialistes de premier plan en économie et en placement, qui ont parlé de l’évolution du contexte économique canadien et des occasions de placement à l’échelle mondiale. Les échanges ont porté sur la façon dont les tensions commerciales, l’intelligence artificielle et l’évolution des dynamiques mondiales transforment les stratégies de placement des promoteurs de régime et des participantes et participants, dans un monde de plus en plus fragmenté.

Conférencières

  • Frances Donald, vice-présidente principale et économiste en chef, RBC
  • Christine Tan, vice-présidente adjointe, gestion de portefeuille, Placements mondiaux Sun Life
  • Jennifer Martin, vice-présidente, actions mondiales, T. Rowe Price Group, Inc.
  • Angela Maitland, responsable, Solutions placements, Régimes collectifs de retraite, Sun Life (animatrice)

Regardez l’enregistrement ici

La résilience du Canada

Composer avec les tensions commerciales et dépasser les attentes

Frances Donald a mis en lumière la résilience économique inattendue du Canada au cours de la dernière année. Elle a notamment parlé de la croissance de l’emploi supérieure à celle des États-Unis, malgré des tensions commerciales persistantes.

Bien que RBC anticipe pour 2026 une croissance modeste du PIB canadien de 1,1 %, un rythme certes faible, il s’agit néanmoins du scénario le plus favorable parmi plusieurs trajectoires envisagées à la suite de l’annonce de droits de douane par le président Trump le 1er février 2025. Le scénario le plus défavorable faisait état d’une récession de trois ans accompagnée d’un taux de chômage atteignant 10 %, ce qui rend la trajectoire actuelle nettement plus positive que prévu.

La guerre commerciale entre les États-Unis et le Canada s’est révélée étonnamment ciblée, mais profonde, touchant principalement quatre secteurs : l’acier, la fabrication automobile, l’aluminium et le bois d’œuvre. Malgré ces tensions, environ 90 % des échanges commerciaux à destination des États-Unis demeurent exemptés de droits de douane en vertu de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM).

La renégociation de l’ACEUM en 2026 constituera un enjeu clé, même si l’accord actuel prend fin en 2036.

La fiction de la réalité économique moyenne au Canada

Il n’existe pas de réalité économique unique à l’échelle du Canada. L’Alberta devrait enregistrer une croissance environ 2,5 fois supérieure à la moyenne nationale, tirée par des prix élevés de l’énergie. Parallèlement, l’Ontario et le Québec devraient afficher une croissance inférieure à cette moyenne. Cette divergence régionale démontre que le concept de réalité économique moyenne au Canada relève largement de la fiction : le lieu de résidence et le lieu de travail sont les facteurs importants à prendre en compte.

De la même façon, les répercussions économiques diffèrent grandement selon les caractéristiques démographiques. Chez les Canadiennes et Canadiens de moins de 25 ans, le taux de chômage s’établit à 13,7 %, comparativement à 5,8 % chez les 25 ans et plus. Le portrait de la consommation est lui aussi contrasté : les 20 % de Canadiennes et Canadiens les plus aisés ont réduit leurs dépenses afin de rembourser leurs prêts hypothécaires, tandis que les 20 % les moins nantis ont comprimé tant leurs dépenses discrétionnaires que leurs achats alimentaires.

Le positionnement stratégique du Canada : de marginal à incontournable

L’avantage des ressources dans un monde sous contraintes

Les trois panélistes ont mis en évidence l’émergence du Canada comme fournisseur stratégique dans un contexte mondial marqué par la rareté des ressources. Christine Tan a rappelé que le Canada détient les plus importantes réserves de potasse au monde, les troisièmes réserves de pétrole en importance, 15 % des métaux des terres rares à l’échelle mondiale, ainsi que la plus grande quantité d’eau par personne dans le monde. Ces ressources prennent une valeur stratégique croissante à mesure que les économies mondiales mettent l’accent sur la sécurité énergétique et alimentaire et sur les minéraux critiques nécessaires à l’intelligence artificielle et à la défense.

Frances Donald a observé que, pour la première fois de sa carrière, des investisseuses et investisseurs internationaux, de l’Europe à l’Asie, s’intéressent activement aux occasions de placement au Canada. Cette transition d’un Canada longtemps sous-estimé à un marché désormais très recherché marque un virage fondamental dans l’opinion mondiale.

Le défi d’une transition sur plusieurs années : un leadership gouvernemental indispensable

Frances Donald a souligné que la mise en valeur de ces atouts repose sur la réalisation de projets d’infrastructure assortis d’échéanciers d’au moins trois ans et pouvant s’étendre, pour bon nombre d’initiatives, sur cinq à quinze ans. Cette réalité exige, dans un premier temps, un engagement accru du gouvernement afin d’assumer des risques que le secteur privé ne peut pas assumer, compte tenu de la durée des horizons de placement et de l’incertitude réglementaire actuelle.

Le principal défi consistera à préserver la confiance dans les perspectives économiques du pays alors que, à court terme, les données sont décevantes. En 2026, le Canada demeure essentiellement une économie à croissance lente, mais dotée d’un potentiel de création de valeur considérable à long terme.

Stratégie de placement : quand les indices de référence cessent de jouer leur rôle

Concentration des marchés et pertinence de la gestion active

Christine Tan a abordé le défi croissant que pose la fragilisation des indices de référence dans des marchés hautement concentrés. Si le placement passif permet un accès aux marchés à faible coût, il comporte désormais un risque marqué lié aux indices de référence, en raison de la concentration accrue du marché. Le contexte a donc évolué : le placement passif n’est plus nécessairement synonyme de faible risque; il expose plutôt les portefeuilles à un risque accru de concentration au sein des indices.

Placements mondiaux Sun Life (PMSL) privilégie une approche cœur-satellites, combinant une exposition passive à faible coût lorsque cela s’y prête, une gestion active ciblée dans les segments fortement concentrés, ainsi qu’un apport de placements alternatifs. La société a augmenté sa part d’actifs réels, en réponse à l’élargissement des occasions de placement en infrastructures découlant des importants engagements de dépenses annoncés par les pays développés.

Un nouvel équilibre : taux plus élevés, inflation accrue et dispersion plus grande

Jennifer O’Hara Martin, de T. Rowe Price, a indiqué que le contexte des placements est entré dans un nouvel équilibre marqué par des taux d’intérêt plus élevés et une inflation accrue, en fort contraste avec la période ayant suivi la crise financière, caractérisée par des taux et une inflation faibles.

Cet environnement ne favorise pas uniformément l’ensemble des entreprises. En 2025, les marchés américains ont privilégié les titres axés sur la croissance, tandis que les marchés internationaux ont davantage récompensé les stratégies axées sur la valeur.

Angela Maitland a souligné que cinq des actions les plus performantes à l’échelle mondiale en 2025 provenaient d’entreprises canadiennes, ce qui illustre la capacité de la gestion active à repérer des occasions dans divers styles de placement et différentes régions. Les classifications par pays perdent en pertinence au profit d’une analyse axée sur la position dominante des entreprises sur leur marché local, la solidité de leur bilan et leur exposition à des tendances séculaires porteuses.

L’IA et la transformation des flux mondiaux de capitaux

La continuité et l’élargissement des investissements en IA

Il se dégage une conviction largement partagée quant au caractère transformateur et durable des investissements en IA. Jennifer O’Hara Martin a décrit les fournisseurs de services infonuagiques à très grande échelle (de grandes sociétés technologiques) comme des monopoles peu encadrés sur le plan réglementaire qui sont désormais contraints d’investir pour préserver leur avantage concurrentiel. Elle s’attend à ce que cette dynamique se maintienne pendant de nombreuses années, puisque le ralentissement ou la réduction des investissements entraînerait une perte de leur position dominante sur le marché.

Les actifs corporels s’apprécient alors que l’IA cible l’inefficacité

Jennifer O’Hara Martin a aussi souligné que les actifs corporels s’apprécient. Il est notamment question des entreprises industrielles, des producteurs d’énergie, des sociétés minières, des services collectifs et des fabricants d’équipements liés aux semi-conducteurs. Ces entreprises, actives dans la construction, l’extraction et la fabrication, ajoutent de l’alpha aux portefeuilles.

Parallèlement, elle a comparé l’IA à un outil extrêmement efficace de détection des inefficiences économiques, qui cible de façon systématique certaines entreprises de logiciels et de plateformes numériques. On observe donc un déplacement fondamental des sources de création de valeur dans l’économie : les producteurs d’actifs corporels et les entreprises manufacturières en tirent profit, souvent au détriment des sociétés purement logicielles, plus exposées aux perturbations induites par l’IA.

Marchés émergents : réorganiser l’économie mondiale

L’essor des puissances intermédiaires et le commerce entre marchés émergents

Christine Tan a décrit la transformation de l’économie mondiale comme un processus de réorganisation plutôt que comme une phase de démondialisation. Les marchés émergents ont évolué, passant du stade de « tout-petits » (exclusivement tournés vers les exportations) à celui d’« adolescents » (assises économiques nationales plus solides et trajectoire marquée par davantage de périodes favorables que défavorables).

Parmi les principaux bénéficiaires de cette réorganisation figurent : le Canada en tant que fournisseur de matières premières; les pays intégrés aux chaînes d’approvisionnement mondiales à titre de solutions de rechange dans une stratégie dite « Chine plus un » (Asie du Sud-Est, Inde et Mexique); et certains secteurs stratégiques, comme les ports, la logistique et les infrastructures liées à l’IA.

Répercussions pour les promoteurs de régime et les participantes et participants

Constituer des portefeuilles résilients adaptés à différents régimes de marché

Les panélistes ont insisté sur le fait que les promoteurs doivent privilégier la conception de portefeuilles résilients, capables de s’adapter à divers régimes de marché, et non uniquement aux conditions en vigueur. La plupart des participantes et participants ne souhaitent pas une offre complexe et ont plutôt besoin de solutions par défaut et de gammes de base en mesure de traverser différents contextes de marché.

Le consensus du groupe allait dans le sens d’un dépassement de la simple réduction des coûts, au profit d’une recherche de meilleurs rendements ajustés au risque tout au long des cycles économiques et lors des périodes de volatilité. Cela suppose une diversification réfléchie des sources d’alpha, reposant sur des combinaisons intentionnelles de gestion passive et de gestion active. Dans un environnement marqué par un coût du capital plus élevé et une dispersion accrue des rendements, la gestion active des actions conserve toute sa pertinence. La clé consiste à offrir une exposition liquide et à faible coût à des stratégies actives capables de tirer parti de la dispersion des marchés et des tendances séculaires, tout en préservant la simplicité recherchée par les participantes et participants.

Des questions? Nous sommes là pour vous aider.

Veuillez communiquer avec votre représentante ou représentant aux Régimes collectifs de retraite.